22/10/2007

Le pont des soupirs

Vieux poupon russe aux couleurs fades, je t’ai mis en boîte, puis emboîté à d’autres belles prises…Mon totem m’a chuté sur la gueule.

J’ai ouvert grandes les mâchoires, je les ai évidées comme des poissons, des serrures ont sauté. J’ai enchaîné les étapes fulgurantes, et c’est l’indigestion, mon propre film qui me sort par tous les trous.

Je suis à présent la femme-pont, je m’étire à volonté, de la mienne à celle des autres, bientôt des petits hommes malformés viendront réclamer la tétée. J’aurai beau cacher mon visage sous mes aisselles, pulluler les traumatismes, devenir métal hurlant dans leurs filets, faire la criée, ce sera la tournée générale, mes tétons ne cesseront de tremper dans la bave, j’aurai enfin un rôle d’enfer, dans leur paradis.

Quand je serai une tétine géante pour vieillards lubriques aux fronts plats, j’emmènerai partout ma vermine baudelairienne et mes poumons dans un sac recyclable, à côté de celui à prostate de l’homme de ma non-vie.

Belle névrosée en course folle, dans l’ignorance la plus basique, j’escaladerai les pavés avec des chaussures qui ne me vont pas ! Je suis dans cette ignorance, vous savez, celle qui ignore même la dépression, je suis au cœur de l’incompréhension générale, je suis l’aile gauche de l’incommunicabilité médusante. Mon « je » est tellement lourd, imaginez vous que je le fais virevolter dans cette grande danse de plus en plus rapide, de plus en plus chiante qui m’ébouriffe la lymphe.

Et sans aucune conscience de ce que je sais je pisserai tout le chocolat quand tu ne seras plus là.

 nout

18:41 Écrit par Une B.I.T.C.H peut en cacher une autre dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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